Depuis toujours, la ville est à la fois une nécessité pour la sécurité des hommes et un danger pour leur santé, en raison de la concentration d'activités polluantes, de la quantité de déchets à traiter et des mauvaises conditions de circulation et d'habitat. Ainsi, la pollution atmosphérique a dans le passé engendré des épisodes catastrophiques avec une très forte mortalité. Dès que le fardeau sanitaire de ces épisodes de pollution a été objectivé, des mesures de prévention ont été mises en oeuvre pour limiter les émissions de polluants dans l'atmosphère. L'e" cacité de ces dispositions fut remarquable, produisant une amélioration de la santé publique avant que la médecine ne devienne e" cace. Ces succès et d'autres ont pu faire croire à tort que les problèmes étaient parfaitement maîtrisés. Il n'en est rien.
La diminution du niveau de risques et le délai entre l'exposition aux polluants et la survenue de maladies ont simplement entretenu une sorte "d'invisibilité des risques". La pollution atmosphérique demeure l'un des tout premiers défis de la ville. Dans un contexte de croissance démographique, des risques même faibles au niveau individuel peuvent se traduire par un impact sanitaire important, dans la mesure où ils concernent des dizaines de millions de personnes. La demande sociale pour un développement durable rend nécessaires de nouvelles approches de l'utilisation de l'énergie, particulièrement dans les secteurs du transport et de l'habitat urbains. Pour que la ville reste une aventure profi table pour l'homme, plusieurs conditions doivent être réunies : mettre la santé au coeur des politiques urbaines, développer l'évaluation des risques et les études d'impact sanitaire, systématiser la surveillance épidémiologique, former des hygiénistes compétents, promouvoir une démocratie sociotechnique, développer de nouvelles technologies dans les secteurs de l'habitat, du transport et des déchets.
Premier environnement de l'homme moderne, la ville est appelée à devenir le creuset de la promotion de la santé.